POLCAN2ID#: 3380
Date: 2018-11-28
Heure: 00:00:00
Par auteur:
Catégorie: Call for Papers
Sujet: Appel à communication AFSP 2019 - Regards décentrés sur l’autoritarisme: acteurs relations et espaces



Appel à communication AFSP 2019
 
Regards décentrés sur l’autoritarisme: acteurs relations et espaces
 
Date limite: 12 décembre
 
Responsables scientifiques : Marie-Eve Desrosiers (Université d’Ottawa) mdesros3@uottawa.ca Anne-Laure Mahé (IRSEM) anne-laure.mahe@irsem.fr 
 
Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des régimes non-démocratiques (Freedom House 2018), un chiffre qui serait en augmentation étant donné les processus de recul démocratiques observés sur tous les continents (Bermeo 2016). La section thématique vise à comprendre cette prévalence des régimes et pratiques autoritaires en posant une question centrale: comment la domination de type autoritaire se reproduit-elle au quotidien et/ou au niveau local? Ce questionnement est abordé dans une perspective décentrée: le regard est posé sur des acteurs, des espaces et des relations non centraux ou plus régulièrement délaissés par les études institutionnalistes dominantes. Ce regard permet de mettre en exergue la dimension multiple, fragmentaire et potentiellement ambiguë voire même contradictoire de la gouvernance autoritaire. 
 
Cette dimension a été en effet largement délaissée par la littérature récente, notamment nordaméricaine cherchant à expliquer le maintien des régimes autoritaires après la troisième vague de démocratisation. Ces recherches se sont recentrées sur les régimes dit hybrides (Diamond 2002) ou encore appelés autoritarismes compétitifs (Levitsky and Way 2002) qui se caractérisent par une institutionnalisation leur conférant les apparences de la démocratie avec la mise en place d’organes législatifs (Gandhi 2008), de processus électoraux (Magaloni 2008) et de partis politiques (Brownlee 2007). Le regard s’est alors porté sur les stratégies de résiliences déployées par l’entremise de ces institutions : récolte d’information, transfert d’avantages symboliques et matériels, surveillance...Ces analyses se fondent souvent sur une approche rationaliste et se focalisent sur les élites centrales et les institutions du niveau national dans une perspective concevant le pouvoir autoritaire comme un système de gouvernance bien organisé et cohérent s’exerçant du haut vers le bas. Ce biais institutionnel opère au détriment des réalités plus sociales et sociologiques de l’autoritarisme.
 
L’existence d’ordres politiques distincts et même contradictoires à des échelles territoriales différentes a ainsi été explorée dans les démocraties avec le concept de subnational authoritarianism (Gelman 2010; Gibson 2010). L’hybridité d’un ordre politique se révèle à travers la prise en compte de sa dimension spatiale. De multiples catégories d’acteurs, étatiques ou non, participent à la construction d’ordre autoritaires localisés qui questionnent la supposée linéarité du pouvoir (Bayart 1984). La spatialité est également au cœur d’une nouvelle vague de recherches interdisciplinaires qui préfèrent au terme de régime autoritaire celui de « fait autoritaire » (Planel 2015) afin de penser les relations et pratiques concrètes qui fondent cet ordre dans une perspective non essentialisante. Caractérisées par leur plasticité et leur dimension routinière, les relations et pratiques sont polysémiques. Cela devient particulièrement apparent lorsque l’analyse prend en considération les vécus de l’autoritarisme, c’est-à-dire l’autoritarisme appréhendé sous l’angle de ses récepteurs ou publics. 
 
L’objectif de cette section thématique est donc d’encourager une discussion sur les apports d’un regard décentré sur l’autoritarisme dans une perspective résolument comparative favorisant les échanges entre spécialistes d’aires géographiques distinctes. Ce regard implique une exigence autant théorique qu’empirique et méthodologique, puisque cela implique pour les chercheurs d’enquêter sur des terrains et à des échelles souvent moins accessibles et plus méconnus, mais néanmoins d’importance égale. La discussion pourra être engagée autour des perspectives de recherches suivantes : - multiplicité des acteurs de la domination autoritaire - rencontre entre ceux qui produisent et ceux qui vivent le système - publics et récepteurs de l’autoritaire - configuration de pouvoir au niveau infranational - relations entre acteurs et institutions de niveaux de gouvernance différents
 
Les propositions de communication devront être envoyées par courriel à chacun des responsables scientifiques de la ST avant le 12 décembre 2018.
 



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