POLCAN2ID#: 3365
Date: 2018-11-14
Heure: 00:00:00
Par auteur:
Catégorie: Call for Papers
Sujet: Appel à communication - Association Française de Science Politique - Mythes, croyances et politique(s)



Bonjour à toutes et à tous,
 
Je vous transfère un appel à communication pour le prochain congrès de l'Association Française de Science Politique qui aura lieu à Bordeaux du 2 au 4 juillet 2019.
 
Les propositions de communication, en français ou en anglais, d'une longueur de 3000 signes espaces compris sont à envoyer avant le 12 décembre 2018 à Clément Barbier clement.barbier@cnrs.fr et Antoine Mazot-Oudin antoine.mazot@gmail.com
 
En complément de l'appel en pièce jointe, veuillez noter que chaque présentation devra durer moins de 20 minutes. Les participant.e.s devront au préalable, un mois avant le congrès, faire parvenir leur communication sous la forme d'un article ne dépassant pas les 50000 signes. En fonction de la proximité des propositions de communications reçues, il sera envisagé que plusieurs communications soient présentées sans interruption et discutées de manière croisée par un ou deux discutant.e.s puis dans un échange ouvert avec la salle.
 
 
Merci et au plaisir de vous lire,
 
Clément Barbier et Antoine Mazot-Oudin

 

Section Thématique 9

Mythes, croyances et politique(s)

 

La diffusion des thèses complotistes, les succès de formations électorales cataloguées comme « populistes », l’essor des « fake news » suscitent un regain d'intérêt pour la question de la place qu'occupent les croyances, le charisme et l’irrationnel dans les jeux de pouvoir et les luttes politiques (Chueca et al, 2012 ; Nicolas, 2016). Pourtant, si l’analyse des représentations structurant les rapports sociaux est centrale dès les travaux fondateurs en sciences sociales (Durkheim, 1912 ; Weber, 1905), les recherches contemporaines sur la croyance en politique, questionnant la tentation d’un extrémisme religieux (Galland et Muxel, 2018), la séduction de leaders populistes charismatiques (Taguieff, 2007 ; Perrineau, 2017) ou encore l’adhésion à des théories du complot (Taguieff, 2010 ; Renard, 2015), ne confrontent pas toujours leurs approches aux classiques de la sociologie, de l'anthropologie et de la science politique.

 

De fait, les recherches critiques et réflexives sur la croyance soulignent, à propos d’objets aussi divers que la rumeur (Aldrin, 2005) ou l’analyse des politiques publiques locales (Desage, Godard, 2005), la complexité des régimes de croyance. Celle-ci n’y est pas appréhendée comme un stock réifié de schèmes de compréhension du monde plus ou moins rationnels auquel on croit mais plutôt comme un ensemble d’activités et de pratiques sociales (Polletta, Callahan, 2017), de ressources discursives, de possibilités de « mise en récit » de soi et de ce que l’on fait qu’il n’est possible de comprendre qu’en contextualisant ses usages et en interrogeant ses formes d’adhésion.

 

Cette section thématique vise à mettre en discussion les recherches contribuant à une sociologie politique des croyances pensées comme des rapports sociaux, des modes d'appréhension du monde – au même titre que d'autres régimes de vérité (idéologiques, scientifiques) – à comprendre selon les rapports de pouvoir dans lesquels elles s'inscrivent et à l’aune des trajectoires sociales des individus qui les mobilisent. Le panel s'adresse en particulier aux approches du rapport à la croyance en politique des classes populaires (Goulet, 2010) comme des classes supérieures (Agrikoliansky et Collovald, 2014), de certains groupes d'acteurs publics spécifiques, hauts fonctionnaires (Bezès, 2000), agents des guichets administratifs. Par la multiplication des points d’observation, cette section thématique ambitionne de rompre avec une lecture surplombante en cherchant à souligner les convergences comme les déclinaisons spécifiques du rapport à la croyance selon les milieux sociaux, les configurations d'acteurs et les situations d'interaction.

 

Penser le cadre social, politique et institutionnel dans lequel s'inscrivent ces croyances et la manière dont elles contribuent à lui donner corps et sens nécessite dès lors d’interroger la place des mythes (Veyne, 1983) contemporains, qu'ils soient religieux ou profanes, explicitement mystique (Festinger, 1993) ou légitimés comme mot d'ordre de l'action publique (Desage, Godard, 2005), tout en pensant leurs liens aux structures sociales (Godelier, 2010) et aux rapports de domination classistes, racistes et sexistes.

 

Les contributions pourront s'inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants : 

 

1.      Les croyances comme mode de mise en sens (a)critique de la domination, qu'il soit question des formes de résistances ou d'acceptation de la domination par les dominés ou du rôle de la croyance comme sociodicée au sein des groupes dominants.

 

2.      Les croyances comme cadre, moteur et limite de l'action collective.

 

3.      La place du symbolique dans l'action publique et l'ethos des acteurs publics par exemple en considérant les formes d'incantations, de foi et de magies que l’on retrouve dans les politiques publiques (Gaxie, 1997 ; Lascoumes, 1999).

    

Une attention particulière sera accordée aux enquêtes de terrain originales qui tentent également de s'inscrire dans les débats théoriques sur les rapports aux croyances et interrogent le statut de la croyance et de ses usages.
 
 
English version :
 
Myths and beliefs in politics and policies

 

The recent surge of conspiracy theories, the electoral successes of a number of so-called “populist” political groups, and the spread of “fake news” have triggered a keen interest in questioning the role of beliefs, charisma, and irrationality in power relationships and political struggles (Chueca et al, 2012; Nicolas, 2016). Analyzing the representations that structure social relationships has long been a central element in the social sciences canon (Durkheim, 1912; Weber, 1905). However, recent scholarship on beliefs and politics that tackle religious extremism (Galland and Muxel, 2018), on the attractiveness of charismatic populist leaders (Taguieff, 2007; Perrineau, 2017) and on adherence to conspiracy theories (Taguieff, 2010; Renard, 2015) has not systematically confronted the founding works of sociology, anthropology, and political science in their approach.

 

The critical and reflexive analyses of beliefs dealing with such diverse topics as rumours (Aldrin, 2005) or local public policies (Desage, Godard, 2005) have underlined the complexity of belief regimes. In this body of scholarship, belief is not codified as a reified cognitive framework that would be more or less rational and in which one believes. Rather, belief is understood as a set of social activities (Polletta, Callahan, 2017), and of discursive and self-narrativistic strategies that can only be understood through a contextualized analysis of the uses of beliefs and the different ways in which social actors adhere to them.

 

This thematic section will discuss scholarship that contributes to a political sociology of beliefs understood as social relationships and as ways of apprehending social reality, just like other regimes of truth (like ideologies or religions). One of the goals of the section is to analyse the ways in which these beliefs are embedded in power relationships, and the social trajectories of the individuals that draw upon them. This panel especially invites paper proposals about the relationships to beliefs in members of the working class (Goulet, 2010), upper classes (Agrikoliansky et Collovald, 2014), as well as specific groups of public actors including senior civil servants (Bezès, 2000), or street-level bureaucrats. By confronting diverse perspectives, we wish to underline the convergences and specificities of diverse relationships to beliefs as they relate to parameters of class, or in a wide set of actors and situations of interaction amongst “believers.”

 

Analysing the social, political, and institutional framework and the articulation of these beliefs will imply questioning the role of contemporary myths (Veyne, 1983)—whether religious or secular, explicitly mystical (Festinger, 1993), or legitimated through policy work (Desage, Godard, 2005). It will also provide new tools to discuss the relationship between beliefs and social structures (Godelier, 2010), as well as parameters of class, race, and gender.

 

Paper proposals can address one or more of the following topics :
1.      Beliefs as (a/)critical narratives that provide meaning to domination, whether as forms of resistance or acceptance of domination amongst dominated groups, or as forms of story-telling that work to legitimize actions of the dominant groups
2.      Beliefs as a framework, as a set of resources or as a limit to collective action.
3.      The symbolic dimension of public policies and of the ethos of public actors, considering for example the forms of incantations, faith, and magic that might be found in public policies (Gaxie, 1997; Lascoumes, 1999)

    

The organizers will pay special attention to fieldwork-based proposals that also aim to contribute to theoretical debates about the relationship to beliefs and that question the social articulation of belief and the uses that are made of it.
 
 
Paper proposals must be sent by e-mail to each of the panel’s conveners before December 12th, 2018. Each presentation should last less than 20 minutes. One month before the congress, the participants must send a written version of their communication (max. 50000 signs). Depending on the similarity of the received papers, several presentation could be given without interruption and discussed in a cross-over manner by one or two panel discussants and then with the audience



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