POLCAN2ID#: 3133
Date: 2017-11-15
Heure: 00:00:00
Par auteur:
Catégorie: Call for Papers
Sujet: Appel à communication - AMRSP - "Question d'identité(s)"



 

Après-midi de recherche du Département de Science politique

Université de Liège, le vendredi 4 mai 2018

 

Responsables scientifiques : François DEBRAS, Liridon LIKA, Jérôme NOSSENT, Audrey WEERTS et Sophie WINTGENS

 

Pour sa onzième édition, le prochain Après-midi de recherche du Département de Science politique se déroulera autour de la thématique générale suivante : « Questions d’identité(s) ». Comme pour les précédentes éditions, la philosophie n’est pas de limiter les séminaires à une approche particulière de la Science politique. Au contraire, l’objectif de cet événement est de favoriser, autour d’un objet d’étude commun, la rencontre de diverses approches : politologiques, juridiques, sociologiques, économiques, historiques, philosophiques, anthropologiques, psychologiques, etc.

 

Questions d’identité(s)

 

Sur une pièce d’identité, nous retrouvons notre nom, prénom, date de naissance, sexe, photographie, signature, adresse, dans certains cas, ainsi que différents éléments reconnus par une administration permettant de nous définir et de nous distinguer. « Mon identité » me rend unique, elle signifie que personne ne m’est identique.

 

Mais l’identité, dans une approche non juridique, renvoie également à différentes formes d’identification qui dépendent à la fois de facteurs objectifs (langue, culture, milieu social ou économique, traits physiques) et subjectifs (sensibilités politiques ou philosophiques). L’identité n’a pas nécessairement besoin d’être reconnue ou officialisée, elle dépend d’un attachement émotionnel. Ce « sentiment d’appartenance » peut très bien entrer en contradiction avec des éléments factuels. À titre d’exemple, un individu peut s’identifier « à gauche » sans pour autant que cela soit lié à une appartenance ou non à une catégorie socio-économique.

 

Pour rompre avec toute approche essentialiste, l’identité est une notion complexe et vide mais pas pour autant vide de sens. En d’autres mots, l’identité n’est pas un état ni un objet : elle demeure fondamentalement virtuelle. Seuls ses effets sont tangibles : guerres, révolutions, naissance d’une nation, mais également luttes en faveur de l’élargissement des droits, politique migratoire, productions locales, etc. Malgré son caractère non-matériel, l’identité n’en demeure donc pas moins une réalité. Elle se créé, elle évolue et elle définit un ensemble de comportements, d’opinions et de valeurs tant individuels que collectifs pouvant être les moteurs de revendications religieuses, territoriales, ethniques, sociologiques, voire biologiques.

 

Si l’identité est un élément central de socialisation et de construction de l’individu ou de la collectivité, elle est également un vecteur de division. Car si l’identité définit, comme toute définition, elle induit nécessairement une exclusion. Tout processus de définition entraine nécessairement le rejet de ce qu’il ne recouvre pas. À l’extrême, une identité peut être vidée de tout contenu positif et s’articuler au travers d’une pure opposition.

 

« Je » ne renvoie plus à « moi » mais à ce que les « autres » ne sont pas. Cette forme d’« identité négative » se définit « contre » les autres identités en insistant sur la différence, la frontière et le rejet. En ce sens, Jean-Paul Sartre écrivait que « ce n’est pas le Juif qui fait l’antisémite, mais l’antisémite qui fait le Juif »1. L’identité est alors un moteur de conflits et d’édification de clivages (nationaux–non-nationaux, francophones-néerlandophones, chrétiens-musulmans, féministes-machistes, local-global, etc.), voire, dans certains cas, de ségrégation et de discriminations (racisme, culturalisme, protectionnisme, etc.).

 

Les principales luttes sociales et politiques, nationales et internationales de ces dernières années illustrent, pour la plupart, ces différentes problématiques identitaires entre reconnaissance officielle et personnelle, entre valeurs positives et négatives, c’est-à-dire constituant des formes d’intégration et/ou d’exclusion : les mouvements indépendantistes catalans, écossais, lombards, le Brexit, les politiques anti-migratoires proposées par les partis d’extrême droite (mais pas uniquement), les politiques mémorielles en matière d’histoire et de transmission « d’une Histoire », les revendications religieuses et le fameux « choc des civilisations », le protectionnisme d’une certaine Europe blanche et catholique opposée à l’Islam, la construction européenne, la reconnaissance des minorités, l’inscription de nouveaux droits pour les femmes ou les homosexuels, etc.

 

Si souvent mobilisée dans la recherche mais également dans la presse, les débats, et les discussions de tous les jours, la question de l’identité demeure toujours aussi abstraite, contradictoire et mal définie. Afin de mieux appréhender les nombreuses définitions, instrumentalisations et répercussions de cette notion, la onzième édition des Après-midi de recherche du Département de Science politique de l’Université de Liège lance un appel à contributions sur la question de l’« identité » dans une approche multidisciplinaire. Les communications peuvent relever de plusieurs disciplines et de plusieurs échelles d’analyse : droit, histoire, sociologie, sciences du langage, anthropologie, géographie, science politique,...

 

La communication de chaque intervenant durera au maximum 20 minutes, afin de laisser du temps au discutant et à l’assemblée pour débattre. Tous les intervenants auront la possibilité de publier une contribution originale – après évaluation externe positive – dans une publication collective. Les contributions ne devront pas dépasser 35.000 signes (espaces compris).

 

Les résumés (maximum 500 mots) doivent être transmis au secrétariat des Après-Midi de la recherche pour le vendredi 15 décembre 2017 et les contributions pour le 15 février 2018, au plus tard. Les résumés et contributions sont à transmettre à l’adresse mail suivante : amrsp@ulg.ac.be.

 

L’Après-midi de la recherche se tiendra le vendredi 4 mai 2018 à la Salle du Conseil de la Faculté de Droit, de Science politique et de Criminologie de l’Université de Liège,

 

Quartier Agora, Place des Orateurs 3, Bât. B31, Sart-Tilman, 4000 Liège.

 

L’intégralité des frais sera à charge des participants.

 

 

 

Pour le comité organisateur,

François  DEBRAS,  Liridon  LIKA,  Jérôme  NOSSENT,  Audrey  WEERTS   et  Sophie WINTGENS.

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1 SARTRE Jean-Paul, Réflexion sur la question juive, Gallimard, 1946.



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